La Maison

Elle avait encore fait une insomnie. Et quand c’est comme ça, quand elle ne dort plus… Plus personne ne dormira. Elle fait des petits pas dans le couloir dans un cycle d’aller-retour, non-stop.

Pause.

Elle cherche dans la cuisine… quoi ? À manger ? Un bol ? Peu importe, elle ouvre les portes de placards et les referme encore et encore jusqu’à ce que toute la maisonnée devienne insomniaque.
Et la maison lui répondait. À chaque porte claquée, à chaque armoire ouverte et fermée – toujours avec une espèce de violence contenue -, la maison semblait crier.

Crac, cling, boum, paf, et soudain…

Tout devenait musique à la fois en elle et pour elle. Tout s’ouvrait en une gueule béante prête à l’avaler.

Parfois, il lui semblait même apercevoir du coin de l’œil les meubles bouger d’eux-mêmes, les portes se fermer toutes seules, la vaisselle se jeter au sol dans un ultime acte pour obtenir la paix et dormir (éternellement) enfin. Elle le savait, qu’elle perdait la raison. Elle savait qu’elle avait besoin d’aide. Que rien de tout ça n’était vrai, que le manque de sommeil était en train d’avoir raison d’elle. Mais elle était en guerre. Une guerre fictionnelle, certes, mais une guerre tout de même. La maison ne dormirait pas.

Où étaient cachés les instruments à musique déjà ? Le trombone ? Le xylophone ? Les percussions ? La porte de la salle de jeu était fermée contrairement aux autres. Quelqu’un voulait la narguer, c’était sûr ! Faut-il hurler à gorge déployée dans cette maison pour se faire entendre dans cette maison ?

Ils voulaient jouer aux plus malins, très bien ! Mais elle ne comptait pas rendre les armes ! Elle allait casser la barraque ! De toute façon, il lui manquait déjà une case ! Elle alla prendre à la cave la masse et se mit à détruire méticuleusement le mur du salon. Le placo céda rapidement, trop vite à son goût. Alors elle chercha un adversaire à sa mesure : les murs porteurs. Porteurs, mais de quoi ? On ne pouvait pas dire qu’ils lui portaient chance, elle venait de perdre son emploi.

Elle frappa, encore et encore ; jusqu’à n’en plus pouvoir. Après plusieurs longues minutes, elle s’écroula, se mit à pleurer, pleurer ;  elle ne pouvait plus s’arrêter ; il fallait que ça sorte ; pourquoi le sort s’acharnait-il de cette manière ? Elle n’en pouvait plus. Une seule image la faisait tenir… À SUIVRE !

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