Elle avait encore fait une insomnie.
Cela faisait 11 semaines qu’elle se réveillait systématiquement à 1 heure du matin. Elle était torturée par le souvenir de cette jeune fille ; son visage désespéré. Qu’est-ce que cela pouvait cacher ? A priori, cette jeune fille, Clotilde, avait tout pour être heureuse : une famille aimante, des amis qui l’entouraient, des projets. Et pourtant, depuis ce matin de novembre, plus rien ne semblait assurer la stabilité de sa vie. Il avait suffi d’une journée plus nuageuse que les autres pour que tout se craquèle.
Karine avait entamé un vrai travail d’instigation pour trouver un moyen de l’aider : elle avait décortiqué les pages internet recensant les avis de recherche, envoyé une tonne de messages à ses proches et même fait marcher son réseau à la mairie. Mais ses efforts restaient vains : impossible de retrouver cette jeune fille.
Se sont succédées, dès lors, d’autres nuits d’insomnie, une suite infernale ; et s’il n’y avait que les nuits ?!
Et c’était bien ce qui lui semblait : les nuits, toujours les nuits, hantées par un visage souriant, un souvenir évanescent. Au mystère, à la douleur, au deuil, se succédait l’angoisse : celle d’oublier. Faire de Clotilde le fantôme blanchâtre qu’elle commençait à devenir dans son esprit. Où était-elle ?
Cette nuit-là, elle prit une décision : elle irait la trouver. Où qu’elle soit, elle la trouverait.
Elle abandonna alors tout espoir de dormir et alla dans son bureau. Elle n’alluma pas son ordinateur, à la place, elle prit une feuille de papier et un stylo. Il était temps de faire une liste. Une liste de tout ce qu’elle avait essayé et de tout ce qu’elle n’avait pas tenté et de tout ce qu’elle n’avait même pas envisagé. Elle irait parler à une Madame Irma s’il le fallait.
Elle repensa à l’annonce dans le journal d’une médium : Violette Voyance. C’était sûrement la dernière des solutions. Violette Voyance avait les meilleurs avis Google. Elle composa le numéro de téléphone. « Allô, Violette à votre écoute ! ». À SUIVRE…
