Elle avait encore fait une insomnie.
Cette nuit, comme les autres, le chat avait miaulé aux alentours de minuit, quand les motards à l’extérieur faisaient vrombir le moteur de leur bécane. Ca la fascinait d’une certaine manière, cette façon qu’ils avaient d’appeler à l’aide à coup de moto. Mais voilà, demain, on l’attendait en entretien.
Elle savait qu’elle allait être épuisée le matin venu, mais elle ne pouvait s’empêcher d’écouter et d’écouter encore, s’imaginant les histoire de ces motards. Avaient-ils des familles, des ennemis, des secrets ? Est-ce que le chat leur appartenait ? Était-il le chef à quatre pattes du gang à deux roues ?
Un gang dangereux, lui avait affirmé sa grand-mère. Vraiment ? Un gang avec des motos roses ? Encore une anecdote à raconter lors de son entretien. Soudainement, elle remarqua que « le chef » la fixait intensément.
« Ce chat, c’est le vôtre ? » lui éructa-t-il.
Peu rassurée, elle acquiesça du menton, essayant de se faire la plus petite possible. Si seulement elle pouvait se cacher dans un trou de souris… Ah non, impossible, le chat les a toutes dévorées !
Et soudain, l’impossible se produisit !
« Oh qu’il est mignon ce petit cœur d’amour à son papa ! Mais oui, qui c’est le bel amour à son papa ? » dit le motard d’une voix haut perchée, se dandinant d’un pied à l’autre.
Au lieu d’un dangereux motard, il semblait très doux. Elle décida de lui poser quelques questions pour mieux le connaître. D’abord surpris, il se prit au jeu et décida de se dévoiler. Il avait 40 ans, venait d’arriver dans la région et souhaitait y poser ses valises. Il l’avait remarquée la semaine dernière quand elle rentrait de son footing, elle l’avait intrigué. Le chat n’était qu’un prétexte pour l’aborder et essayer d’apprendre à la connaître.
