Discussions littéraires : Le rituel d’écriture

Lors de l’atelier d’écriture du 03 mars dernier avait été évoquée l’idée de réunir des écrivains, des amateurs d’écriture, pour échanger librement sur des thématiques littéraires, partager leurs expériences et leurs astuces afin de combattre la page blanche, surmonter un blocage d’écriture, ou tout autre type de secrets de plume qui pourrait aider leurs pairs à s’épanouir dans son activité d’écriture.

C’est donc en ce dimanche 13 mars que s’est tenue la toute première discussion littéraire de l’association. Le serveur de Bleu héron a accueilli les réflexions littéraires d’amoureux d’écriture sur la thématique du rituel. Et pas n’importe lequel : le rituel d’écriture.

Nous avons tous démarré cette discussion par un « je n’ai pas de rituel d’écriture », ce qui s’est bien évidemment avéré totalement faux. On dirait bien qu’il y a de gros menteurs chez Bleu héron ! Oui, car c’est ce rituel qui nous permet d’écrire. Et pour savoir ce qu’il est, il nous a fallu comprendre à quoi il sert !

Nous en sommes donc venus à la conclusion que la page blanche est ce qui génère le rituel. Car, comme tout rituel, il répond à une problématique. Nous ne parlons pas de sacrifier de jeunes vierges ou des animaux pour gagner une guerre ou rendre un sol fertile, mais il y a bien une chose que sacrifie l’écrivain lorsqu’il pratique son rituel : son incrédulité.

Comme tout lecteur, l’écrivain suspend son jugement, se laisse happer par un flot qui se déverse sur la page, car c’est exactement ce que fait l’écrivain : il lit, il se lit. Il lit ses émotions autrement, il les guide sur un chemin tout tracé, ou les jette dans le noir absolu afin de puiser dans leur lueur et s’éclairer.

Certains ont de la musique et un verre de vin, d’autres ont du silence et de la rigueur , mais tous ces rituels ont une chose en commun : ils permettent de mettre de la distance entre le monde extérieur et notre intériorité. Il permet de plonger dans la parcelle créative de l’âme, le coin de jardin dans lequel notre enfant intérieur joue avec tout ce qui nous constitue et se fiche royalement du regard que l’extérieur peut porter sur tout ça. Le rituel d’écriture sert à s’accrocher à la main de cet enfant créateur pour qu’il nous attire dans son bac à sable.

Car si la passion et l’intuition guident l’imagination, le cadre est nécessaire pour poser ce flux de pensées et d’émotions sur le papier. Quel est ce cadre ? Quel est le cadre qui vous correspond ?

Prenons l’exemple de l’atelier d’écriture. Il permet de créer un contact plus rapide avec cet enfant créateur, car il se pose en consigne, il pose le cadre et ne nous permet pas de le dessiner, il nous facilite la chose. Il occupe une place d’autorité qui nous connecte directement au bac à sable. Mais, si l’atelier n’est pas là, quelle consigne nous donnons-nous ? Comment déconnecter de la réalité et nager entre les grains du bac ?

Nous vous proposons donc de vous plonger dans votre tout premier souvenir d’écriture, ce premier contact si particulier, et de le comparer avec les situations dans lesquelles vous écrivez aujourd’hui, d’en apprécier les points communs et les différences, de comparer également les motivations de ce passage à l’acte. Que trouvez-vous ?

Certains ont trouvé un livre d’horreur dans la chambre de leur grande sœur et ont dévoré quelques lignes qui les ont marqués à tel point qu’ils ont voulu inventer la suite et évacuer cette peur qu’ils avaient ressenti. D’autres ont eu envie de s’évader et d’explorer le champ des possibles parce qu’ils en avaient marre de la réalité. Et d’autres encore s’étaient lancé un défi entre amis et le désir de retrouver cette sensation ne les a jamais quittés.

Ces premières fois sont importantes, et elles sont à la base du rituel de création. Alors, arrêtons-nous un instant, replongeons-nous dans ce souvenir, et regardons autour de nous. Quelles étaient les conditions de cette première écriture ? Quel était le désir caché derrière ce premier contact ?

Prêtons-nous à l’expérience, recréons ce cadre qui a conditionné notre façon de nous exprimer, et écrivons !


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Table ronde – Les acteurs du livre

La deuxième partie de l’événement a eu lieu vendredi soir en direct sur Facebook ! Au programme : échanges autour du livre, méthodes d’écriture et un point de vue très rare, celui du correcteur.

Ou plutôt de la correctrice, car il s’agit d’Héloïse Marquier, jeune correctrice indépendante qui a fait ses premiers pas avec le premier recueil de la collection Ensemble : Rencontre. Composé de quatre nouvelles écrite par quatre auteurs (Christophe C. Künzi, Stéphane Paccaud, Goliathus et Joao Miguel Baile dos Passarinhos), il est une rencontre qui parle d’elle-même !

Et c’est une nouvelle forme de rencontre que l’équipe nous a proposé ce soir. Gwenoline, à la régie, a su apporter une certaine clarté à la prise de parole en direct, et a réussi à rendre cette rencontre virtuelle plus humaine et dynamique. Ce qui a été favorable à Joséphine, qui a présenté et animé la table ronde, ainsi qu’aux invités, car elle les a littéralement propulsés sur les devants de la scène.

Ce qui ressort de ce direct est la relation qui s’est créée entre les différents acteurs du recueil. Que ce soit du point de vue de la correctrice ou des auteurs, le courant est bien passé et le travail n’en a été que plus qualitatif.

Nous retiendrons donc que l’édition n’est pas le travail d’une seule personne, mais bel et bien celui d’une équipe soudée, et qu’avant d’être un livre figé dans l’espace, c’est une histoire faite de rencontres qui s’étire dans le temps.


Vous avez raté le direct ? Voici le replay !
Bon visionnage.


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De l’émotion à la technique du texte, une affaire de sculpture mentale

« Se mettre dans les conditions propices à la plongée dans l’imagination. »
– Christophe C. Künzi –

Voici comment commence l’atelier du 03 mars 2022, intitulé « Combattre la page blanche ». Même si tous les participants, comme les animateurs, ne s’entendent pas toujours sur la notion de combat dans ce contexte, les solutions n’en sont pas moins efficaces !

C’est aussi parce que le format d’atelier permet de sortir de ses sentiers battus, de se propulser hors de sa zone de confort et de jouer avec les mots, et les consignes, que les pages se sont (positivement) noircies ce soir. Les doigts tâchés d’encre, les participants ont proposé des interprétations originales et intéressantes des consignes.

Une première partie, animée par Christophe C. Künzi, s’est focalisée sur la plongée dans l’imagination. C’est en faisant appel aux souvenirs sensoriels que les idées ont émergé. Progressivement, elles se sont posées sur le papier. Premièrement sous forme de nuage de mots, puis de notes courtes, pour se transformer en fragment de texte: un incipit.

Ce mot magique que nous n’avons que trop étudié, mais dont nous ne comprenons pas tous la magie, a été exploré dans ce premier atelier, et de bien des façons. Car, et c’est là l’intérêt du combat, ou tout du moins de l’opposition : en apportant un contrepoids à cette floraison de mots avec des incisions techniques et analytiques, Stéphane Paccaud a su permettre une forme complémentaire d’expérimentation : celle de la voix.


« Je suis ce narrateur, et celui-là également. »
– Stéphane Paccaud –

Si le sens reçoit, la voix produit. C’est donc une boucle qui s’est formée entre les deux parties de cet atelier. Dans la première, les sens se souviennent, captent et reçoivent des informations, et dans la seconde ces perceptions se transforment pour être partagées et devenir objet. Un objet avec lequel on joue, mais aussi un objet que l’on regarde et que l’on pose face aux autres. Qu’est-il donc ? Un reflet ? Un opposant ? Un complément ? Que fait ce texte ? Qu’en faire ?

Ce qu’ils en ont fait ? Ils l’ont analysé, ont trouvé ses richesses dans les détails qui semblent les plus banals, et, ainsi, ont permis à ce fragment de devenir un incipit chargé de tout ce qui fait de lui ce qu’il est, et que nous ne savons pas saisir à l’étude, mais seulement à la lecture. Car ce qui permet d’être percuté par le texte, ce n’est pas l’analyse, mais bien les sens. Et ce soir, nous avons rencontré une méthode pour les déployer.


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